EUSKARALDIA

La deuxième édition d’Euskaraldia, dynamique voulant changer les habitudes linguistiques, aura lieu du 20 novembre au 4 décembre dans tout le Pays Basque. L’Urepeldar Xan Aire, animateur du projet au Pays Basque Nord, explique les défis et objectifs des futurs participants..

Xan Aire: "Le non-bascophone a tout à gagner avec le monde de la langue basque"

Des milliers d’habitants des sept provinces du Pays Basque participeront à Euskaraldia du 20 novembre au 4 décembre. Tous feront un effort pour changer leurs habitudes linguistiques afin de renforcer l’utilisation de la langue basque dans la vie quotidienne. Les organisateurs ont tiré des leçons de l’édition précédente organisée il y a deux ans, et cela leur a permis de préciser des nouveaux objectifs et mettre en place de nouvelles coopérations. Xan Aire, le coordinateur du projet au Pays Basque Nord, explique les différents aspects à tenir en compte.

Objectifs principaux. Le principal objectif, selon l’animateur, est de mieux comprendre l’exercice proposé par la dynamique Euskaraldia. Les organisateurs souhaitent faire mieux comprendre le niveau d’engagements que doivent prendre les "Ahobizi" (parole vivante) et "Belarriprest" (oreille aux aguets) afin que les participants puissent mieux se positionner dans un profil ou dans l’autre.

De plus, ils souhaitent que les changements d’habitude linguistique ne soient pas fait seulement durant quinze jours, mais qu’ils perdurent dans le temps. "Cela ne se fait pas en quinze jours. Ce n’est pas qu’une question de badges. La dynamique permet de questionner sur comment les structures et les politiques linguistiques peuvent mieux répondre à l’utilisation de la langue", précise-t-il.

La nouveauté. Les espaces de pratique nommé "Ariguneak" ont pour objectif d’identifier les espaces dans lesquels il est possible de parler en basque. L’identification de ses espaces permettra de réfléchir à la manière de pouvoir créer plus de lieux dans lesquels l’accueil peut être fait en basque. "Le travail des "Ariguneak" permet de toucher un public qui n’est pas forcement lié à la militance de la langue basque", pense-t-il.

Tous ces espaces seront rassemblés dans le site et l’application de la dynamique. "Nous verrons dans quelle situation se trouve Bayonne ou St-Etienne-de-Baïgorry, et en tenant compte de la réalité d'aujourd'hui, comment nous pouvons aller de l'avant".

Coopération entre l’OPLB, Euskal Konfederazioa et l’Agglo. Euskaraldia a entamé un travail en commun avec les trois structures lors de la première édition. Comme l’explique l’animateur, ils ont redémarré cette coopération depuis janvier. Les techniciens de chaque structure identifient mieux leur domaine afin de voir comment le travail peut être mieux réparti. "Euskaraldia n’est pas seulement de la responsabilité des habitants, ils ne pourront pas changer le panorama tout seul. Mais, sans eux, il ne pourra pas être changé non plus", explique-t-il.

La commission dans laquelle les quatre structures participent cherche à mieux identifier les "nœuds qui coincent, pour les délivrer ensemble". Elle veut voir dans quel domaine les habitants sont confrontés à des obstacles pour parler en basque dans leur vie quotidienne. Chaque structure est en train de mener un travail dans son secteur. Par exemple, l’Agglomération Pays Basque travaille avec ses partenaires. Une lettre a été envoyée aux mairies afin qu’elles deviennent des espaces "Ariguneak". Elle propose aussi des formations à ses agents pour qu’ils deviennent "Aho Bizi" ou "Belarriprest". "En fin de compte, chacun travaille sur Euskaraldia et la pratique de la langue par rapport à ses compétences".

Commissions locales. Euskaraldia se travaille commune par commune, et dans beaucoup d’entre elles, des commissions sont créés. Xan Aire les définit comme "des moteurs très importants pour la dynamique". Les organisateurs d’Euskaraldia leur ont lancé plusieurs questionnaires afin d’identifier les problématiques rencontrées localement et pouvoir ainsi organiser des réflexions, formations ou ateliers.

Inscriptions. Les inscriptions pour participer à Euskaraldia sont ouvertes dans son site ou dans l’application mobile. Xan Aire pense que la diversité retrouvée au sein de membres des commissions locale est très importante puisqu'elle permettra d’atteindre un public très large.

Les personnes qui souhaitent s’inscrire pourront le faire jusqu’au 17 novembre. Les badges seront distribués au dernier moment, car ils doivent être utilisés durant ces 15 jours.

Le futur. Pour l’animateur, après la fin de l’exercice, les participants de la dynamique doivent être conscients des difficultés rencontrées : la dynamique en elle-même ne résoudra pas tous les problèmes. A partir du 4 décembre, il sera important de se poser la question : "et maintenant quoi ?". Xan Aire dit que cette même question a déjà été posée aux institutions pour appréhender de quelle manière une suite pourra être donnée à la dynamique en 2021.

La place des non-bascophones. Une crainte est identifiée vis-à-vis de la place qu’ont les non-bascophones dans la dynamique. Cette année, un discours a été travaillé pour expliquer qu’il est nécessaire de connaître la langue dans son quotidien pour être "Belarriprest" ou "Ahobizi". "Mais aussi pour expliquer que les non-bascophones, par exemple les parents non-bascophones, ont joué un rôle très important dans l’histoire des ikastola".

Selon Aire, ils ont aussi un rôle à jouer, en soutenant la dynamique ou en changeant leurs habitudes. "Au niveau du discours, nous avons un saut qualitatif à faire. L’utilisation de la langue basque n’est pas discriminatoire ; c’est ouvrir la porte à un autre monde, un monde existant depuis longtemps ici. Les bascophones devons avoir une position pour souhaiter la bienvenue aux non-bascophones, et leur faire comprendre qu’ils ne vont rien perdre avec le monde bascophone. Bien au contraire, ils ont tout à gagner". Pour l'animateur, il est important de montrer qu’il existe une vie en basque, une culture qui vit en basque et qu’il est possible que la langue basque ait une place importante dans le quotidien des gens.