DROITS LINGUISTIQUES EN DANGER

Soumis par editorea le ven, 2022/22/04 - 08:18

Malgré le recul manifeste de la langue  basque dans les examens,  Mme la Rectrice ne veut rien entendre de nos revendications et n'entend pas respecter la convention signée par Seaska avec le Ministère et l'Office Public de la Langue Basque.

Cette année, Herri Urrats se présente dans un contexte particulier, car le gouvernement français a décidé de s'opposer aux droits linguistiques de nos enfants.

En raison de la pandémie, ce n’est en effet que cette année que la nouvelle formule du baccalauréat émanant de la dernière réforme sera appliquée pour la première fois. Auparavant, les élèves avaient le droit de passer les épreuves de Mathématiques et d’Histoire Géographie en langue basque, mais ce ne sera plus le cas dès cette année.

De plus, pour ce qui est de la possibilité pour tous nos élèves de passer une partie du Grand Oral en basque, le Ministère de l'Éducation Nationale ne respectera même pas la convention qu’il a lui-même signée avec l'OPLB et Seaska. Ainsi, sur les 100 élèves de notre lycée Bernat Etxepare qui présenteront le bac en juin prochain, seuls les 10 candidat(e)s ayant choisi le basque comme « épreuve de spécialité » pourront passer une partie du Grand Oral dans notre langue. Les 90 autres élèves devront présenter cette épreuve entièrement en français.

Pour ce qui est du Brevet, il y a également une forte régression depuis que M. Jean-Michel Blanquer est ministre : si jusqu’à présent l’examen se déroulait entièrement en basque, désormais le ministère veut forcer nos enfants à passer l’épreuve de Sciences en français.

Mercredi, nous avons rencontré la Rectrice Mme Anne Bisagni Faure, qui a opposé un non catégorique à nos demandes. Voyant que nous allions vers une régression pour le baccalauréat, nous lui avons alors proposé une voie intermédiaire puisque la circulaire de décembre stipule en effet que certaines épreuves peuvent être passées en basque : si toutes les épreuves de spécialités ne peuvent pas être présentées en basque dès la session de juin prochain, que le Ministère accepte au moins que les spécificités de Mathématiques et d’Histoire Géographie en langue basque soient au moins assurées comme c’était déjà le cas jusqu’à maintenant. Mais cette proposition est également rejetée par la Rectrice.

Nous lui avons également demandé à ce que l’épreuve des Sciences au Brevet soit autorisée en basque cette année, même à « titre expérimental », étant donné que Paris lui a délégué la prise de décision et que le nouveau gouvernement post-électoral ne sera pas en place en juin. La Rectrice répond encore non.

Nous sommes mécontents et très en colère. Nous tenons à avertir Paris que nous sommes prêt(e)s à nous battre jusqu’à obtenir gain de cause pour nos droits linguistiques, de façon à ce que nos enfants puissent passer leurs examens en basque. Etant donné que les représentant(e)s de l’Education Nationale ne respectent pas la circulaire, qu’ils ne respectent pas même la convention signée avec nous, si le blocus de l'Assemblée Générale de l’OPLB ne suffisait pas et si l'occupation des trois inspections académiques locales du Pays Basque Nord ne suffisait pas non plus, nous sommes déterminés à aller plus loin, jusqu'à ce que nos droits fondamentaux soient respectés.

Nous appelons la société du Pays Basque à faire en sorte que Herri Urrats cette année, soit une immense revendication en faveur de la langue basque pour des examens en langue basque.

azterketak euskaraz 2022